mercredi 17 juin 2009

Heaven to Hell


1- It's not over yet, Klaxons (Brodinski remix)
2- Digital love (Daft Punk Cover), Alphabeat
3- I love college, Ashter Roth
4- Brooklyn We Go Hard, Jay-Z feat. Santogold
5-Gay Fish, Kanye West
6- Little secrets, Passion Pit (Sox remix)
7- Fascination, Alphabeat
8- Human, The Killers
9- Heartless, Kanye West
10- Get on your boots, Justice remix
11- Betty Got Jacked, Loo & Placido
12- Get Em High, Kanye West vs The knife (A-trak remix)
13- Flashing Lights ft. Dwele, Kanye West (Diplo Remix)
14- The parachute ending, Birdy Nam Nam (Instant replay "exorcist" remix)
15- To Protect and Entertain, Busy P
16- Morning Train, Easton & Shenna


mardi 16 juin 2009

File eau zoo fie


Jeudi 18 juin, je suppose que TOUT le monde le sait, c'est le bac de philo. Ceux qui l'ignorent vivent soit dans une grotte (ou dans une caverne....ahah, blague de geek platonicien ne faisant rire personne, même pas moi) soit à l'étranger. Et les deux sont conciliables, Oussama est sûrement à la fois dans une grotte, et à l'étranger. Passons. Philosophie en a fait sa couverture, le petit journal une chronique. Qu'on soit une ménagère de plus de 50 ans ou un jeune cadre dynamique on est donc au courant. Jeudi, c'est le bac de Philo. Whaou. La seule épreuve que nos parents disent avoir réussi (tout en planquant consciencieusement la feuille attestant de leur résultat). Mais petit souci: on nous parle de philo tout le temps, mais qu'est ce qu'on apprend, vraiment, avec la philo? Petit condensé de 4 ans d'apprentissage.

Sous couvert d'idéologues passés, on essaye de nous faire adhérer aux fondements de notre société, et à les prendre pour acquis. Faire de nous de gentils petits moutons. Encore une noble attention. Les philosophes deviennent des mecs sympas, cools à caser dans les diners. Du coup, on s'approprie ce qu'ils disent, sans le remettre en question. Erreur! Machiavelique. Oh, un mot qu'on utilise tout le temps. "Ma soeur est machiavélique, elle a essayé de m'étrangler avec le cable de ma x box pendant que je jouais". Elle est donc censée être fourbe, manipulatrice, et tout le reste. Pourtant, machiavel ne dit rien de tout ça... Il nous parle du bon roi, qui peut agir de manière injuste pour arriver à ses fins. De la raison d'Etat. Pas question de X-box, donc.
Puis arrive Aristote, qu'on case partout. Il est pratique, il a cherché à tout encadrer. Poésie, tragédie, et autres, un censeur de la créativité avant l'heure. Il nous gonfle avec sa justice commutative, et l'autre, distributive, qui sert uniquement à nous prouver qu'il avait un avis sur la question. Aristote, c'est un peu le Françis Lalanne d'hier. Arrive Rousseau, peut être la victime du groupe. Selon lui, pas de droit du plus fort, car les deux termes sont contradictoires. Il nous rappelle étrangement le binoclar pénible, au fond de la cour avec sa calculette Texas instrument 4320, qui se prenait des coups et répondait, la voix chevrotante, "la violence ne mène a rien". Rousseau dénonce la force qui fonde le droit, la plus fort qui utilise sa force comme droit. Vraiment une balance.

Ensuite, il y'a ceux qui, faute de thèmes de réflexion concrets, ont décidé de se lancer dans des trucs un peu métaphysiques. Freud en tête avec ses rêves, leurs différents contenus, la sexualité infantile, l'inconscience. Il a essayé de tout intellectualiser. La naissance est selon lui un acte violent. Vient ensuite le stade oral, entre 0 et 1 ans, avec déjà le développement de l'érotisme, de la libido, l'adualisme, le plaisir. "le déplacement de la libido dans la bouche". Essayez d'expliquer à un enfant de un an qui met ses doigts dans sa bouche que c'est un immonde pervers. Ensuite, le stade anal, à 2, 3 ans. On évite de détailler. Puis le stade phallique entre 3 et 5 ans. Le stade de latence. Le stade de la puberté et l'adolescence. En d'autres termes, on est un peu des pervers tout le temps selon lui. Avec comme seule préoccupation le sexe, le tripotage. Imaginez le regard qu'il aurait porté sur les gynécologues.

Thème adoré des lycées: Le travail. Et la fameuse dialectique du maître et de l'esclave, ou comment tenter de caser, en scred, que le travail, c'est vraiment le meilleur truc, et que ça rend invincible. Détail: selon cette dialectique, le travail est facteur de libération et de liberté. Jusque là, on est d'accord. Si on bosse, on peut partir en voyage où on veut. On est libre. Selon cette idée, c'est celui qui détient la force de travail qui domine. Au départ, le maître domine l'esclave. Il jouit du fruit de son travail. Parfois même de son esclave. On appelle ça une secrétaire ou, selon le cas, du harcèlement sexuel. Mais, selon ce cher Hegel, l'esclave devient le maître, et le maître l'esclave, car c'est lui qui à la force productive. Et là, il y'a comme un souci. Essayez d'expliquer aux ouvriers de Continental que c'est eux, en fait, les maîtres, et qu'ils sont dans une situation idéale. Vous risquez de vous prendre un coup de pneu.

Puis viennent les penseurs publicitaires. Ceux qui vous balancent des phrases clés, comme des slogans. Ambiance "ensemble, tout devient possible". Qui? Hobbes, "l'homme est un loup pour l'homme", slogan sûrement efficace pour les safaris du FN en afrique. "Etat de guerre perpetuel de chacun contre chacun", Bayrou, sur le sarkozysme, aux Européennes. Crédible. Descartes aussi: "cogito ergo sum", LA phrase que tout le monde a essayé de caser en accroche. Je vous préviens, ça marche pas.

Les trop écoutés. Kant fait partie de ceux-là. Il pense que le philosophe serait mieux en conseiller du pouvoir qu'au pouvoir. Car un philosophe au pouvoir, c'est un philosophe en moins. Son avis à été pris en compte. Pas l'ombre d'un philosophe dans notre délicat paysage politique Français. Merci qui? Encore un philosophe qu'on aurait du éviter d'étudier. J'imagine Royale et Sarko, devant leur cours de philo "Youpi, j'ai une chance".

Les extralucides. Nietzsche. Typiquement. "Dieu est mort"dit-il. Merci, on avait pas remarqué.

Les pénibles: ceux qui font qu'on se pose parfois quelques questions de définitions:
Aristote: avec la mimésis: l'art doit imiter la nature. Jeff Koons, c'est de l'art???? J'espère que Pinault n'a pas La Poétique sous les yeux, il risquerait de mal dormir.
Kant: "est beau ce qui plaît de manière désintéressé". Autrement dit, la fin des marques à logo, celle qu'on porte pour se démarquer. Officiellement, c'est moche, selon Kant.

"La philo nous aide à ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure, à en comprendre le fonctionnement", disait mon prof. J'ai surtout l'impression que la philo nous empêche de réfléchir concrètement, par nous mêmes. A-t-on jamais réussi à penser par soi même en citant les autres?


A C.V :)

lundi 30 mars 2009

"Turkish delight on a moonlight night"


"Istanbul was Constantinople
Now it's Istanbul, not Constantinople
Been a long time gone, Constantinople
Now it's Turkish delight on a moonlight night

Every gal in Constantinople
Lives in Istanbul, not Constantinople
So if you've a date in Constantinople
She'll be waiting in Istanbul

Even old New York was once New Amsterdam
Why they changed it I can't say
People just liked it better that way

So take me back to Constantinople
No, you can't go back to Constantinople
Been a long time gone, Constantinople
Why did Constantinople get the works
That's nobody's business but the Turks"












jeudi 26 mars 2009

Une rencontre.


Une rencontre. Une de celles qui vous donne l’impression de pouvoir construire quelque chose. Qui vous donne en tout cas enfin envie d’essayer. Un regard, une allure, un rire, des jambes, qui parviennent à fixer votre regard et qui vous donnent envie de les avoir pour toujours. Une attitude, des mains, des gestes, un esprit, une phrase, qui vous font penser, ne serait-ce qu'un instant, que le coup de foudre existe. Des choses qui vous donnent envie d'autre chose, de sortir des schémas si souvent prônés mais en fait tellement subis des mecs qui passent d’histoires en histoires sans prendre le temps de s’arrêter et qui se demandent si oui ou non, ils auraient du faire un escale à l'histoire d'avant. Je vais pas vous refaire le Grand Corps Malade, perdu dans son voyage en train. Entre Grenoble et Romorantin il a du passer par quelques histoires bizarres.

Vous le connaissez forcément, le mec qui vous dit « non mais tu vois, cette situation c’est complètement délibéré, j’ai pas envie de me poser, je préfère être libre, m’amuser quoi, … ». Mais être libre tout seul, vous devez le savoir, c’est pas très drôle. J’ai eu ma période comme ça, j’étais persuadé de penser que j’étais bien dans cette situation, dans cette liberté excessive, tellement excessive qu’on aimerait parfois y mettre un terme. Quand mes potes me racontent leurs embrouilles avec leur meuf, de temps en temps, je rigole. Ca me touche. Je leur dis que c’est une chance de pouvoir s’embrouiller avec quelqu’un. Ca veut dire qu’ils n’ont pas claqué la porte un certain lendemain matin, en se demandant dans le métro par quelle lettre commençait son prénom. Ca veut dire que les filles avec qui ils s’embrouillent tiennent à eux, et vraisemblablement qu’ils tiennent à elles, sinon ils n'en parleraient pas pendant 2 jours. Ca veut dire qu’à un moment ils ont su se dire, ou pu se dire : « avec celle là il y a quelque chose ». J’ai eu cette impression de temps en temps. Mais ça n’a jamais duré. Les premiers jours sont géniaux, on rigole, on apprend à vivre ensemble, on ne voit que les bons côtés de l’autre souvent nombreux. Et puis les jours passent, on se surprend à bloquer sur des défauts, peu nombreux. Si peu importants comparés au reste. Mais on bloque. Et ils prennent le pas sur tout le reste. On se focalise là dessus et on arrive plus à voir ce qui va, ce qui se passe bien. Elle est jolie mais mâche la bouche ouverte. Elle est intelligente mais têtue, tellement têtue. Elle parle de vos vacances communes en Corse cet été, alors qu'on est en novembre. Elle est belle, mais elle le sait. Elle aime Woody Allen. QUE Woody Allen. Elle « ne prête pas d’importance à ses vêtements » mais exige de vous d’écumer avec elle des boutiques hors de prix à longueur de journée. Elle n’aime pas ceux qui suivent le troupeau, et suit ceux qui suivent le troupeau en le pensant. Elle sait qu’elle est mince mais vous explique toute la journée qu’elle est obèse, et que c’est grave. Elle vous parle de son ex. Vous apprenez que c'est un ancien pote à vous. Elle paraissait tellement simple mais est si compliquée. Et c’est justement ce qu’on aime. 1 heure sur 2.

Le pire dans ces histoires, c’est qu’on sait qu’on y est pas pour rien. On sait qu’on réagit comme des cons. Qu’on en attend trop, qu’on est trop exigeant alors qu’on se permet parfois de ne pas l’être suffisamment avec nous-mêmes. On se bloque sur des trucs qu’elles laissent passer de leur côté. Elles trouvent nos défauts « mignons », on trouve leurs défauts «insupportables». Alors on se dit qu’on s’est planté. On se dit que le fait qu’elle préfère Rousseau à Voltaire marque le début d’un relation tumultueuse, qui ne marchera pas. Et, comme si on cherchait la femme de notre vie à 18, 19, ou 20 ans, on laisse tomber, sans essayer de faire au moins durer cette relation un maximum. On y met un terme de la manière la plus simple (pour nous) possible. On fait tout pour se faire détester, attendant le fameux mail d’insules (ou café, pour les plus téméraires), à base de « je ne te comprends plus » ou de « connard ». Parfois les deux. On évite le texto de pseudo rupture, ou le mail, parce que le pire, c’est qu’on est souvent attachés à la fille en question. On veut à tout prix ne pas lui faire de peine, mais l’on n’ose pas s’imaginer, s’inclure dans son bonheur. On l’aime, sans oser partager quoi que ce soit avec elle. Mais pourquoi ? Est-ce qu’on a peur de s’attacher, de comprendre enfin que 1000 fois on est peut-être passé à côté de quelque chose ? Est-ce qu’on a peut de devenir vulnérable, de pouvoir enfin être en position de faiblesse vis-à-vis d’une….fille ? (whaou, notre ego en prendrait un coup). Est ce qu’on a peur de pas être à la hauteur, ou de rater une autre histoire en s’ « enfermant » dans celle là (si déjà on croit s’enfermer, c’est qu’il y a un problème de fond) ? Dans tous les cas, on a peur semble-t-il. On est pas tellement lâches vis-à-vis d’elles, mais plus vis-à-vis de nous. On s’évite de flancher pour pouvoir se dire qu’on est restés solides.

Et puis parfois on se surprend à rêver. A vouloir enfin s’accrocher, tenter quelque chose, se laisser couler dans quelque chose qu’on ne maîtrise pas. Souvent à 4h du mat, quand vos potes rentrent parce que leur meuf est fatigué, et que vous rentrez, parce que leur meufs sont fatiguées. D’un côte vous pensez « c’est chiant une meuf, parfois c’est fatigué », de l’autre vous vous dites que vous l’êtes aussi, et qu’être fatigués à deux c’est quand même beaucoup plus drôle.

Alors les mecs qui se croyaient invincibles cherchent à trouver quelqu’un qui acceptera leurs erreurs. Ils attendent, avant de replonger dans le même schéma qu’avant, puis cette envie revient, repart.

Et parfois, ils n’ont l’ impression d’aller nulle part alors qu’ils rêvent d’aller partout, de parvenir à se fixer, enfin. L’impression d’aller dans le mur alors qu’ils rêvent de l’éviter. La volonté, pour une fois, de tomber amoureux parce qu’ils rêvent de léviter.

mardi 10 février 2009

WESC










The Dreamer (past)


Ces photos datent un peu, mais les souvenirs qu'elles me laissent restent aussi actuels qu'avant. Le plus simple pour vous raconter ce voyage est, il me semble, de vous montrer quelques morceaux de mon petit carnet, qui me suivait partout. N'étant pas destiné à être lu par tous, il n'a pas la vocation de plaire à qui que ce soit, et présente donc de manière intime mais au moins honnête ce que j'ai ressenti au cours de ce voyage. J'avais envie de changer le monde, l'impression que tout était possible. L'envie reste toujours la même, mais chaque jour j'ai un peu plus l'impression que faire bouger les choses est impossible.

21 décembre

Un ciel voilé, une température inhabituelle, des couleurs propices à la photo. Le paysage qui s'étend sous nos yeux est à la fois étonnant et apeurant. Des voiles de poussière, l'impression d'un monde à l'arrêt. La pauvreté est omniprésente, mais n'enlève rien à la beauté des visages, des regards, que nous croisons, parfois malgré nous. J'ai d'abord hésité à prendre des photos les premières heures, comme si le fait de capturer ces moments consistait à immortaliser la situation. C'est con, je sais, mais bon. Je ne voulais pas immortaliser cette pauvreté, j'aurais souhaité qu'elle ne soit que passagère. Le fait de ne pas prendre de photo me permettait aussi de ne voir que ce que je voulais voir. De ne pas trop regarder autour, de peur de prendre conscience de manière définitive et irrévocable de tout ça. On croit qu'on sait, mais on ne sait pas. On croit qu'on sait que le monde est parfois dur. Mais on ne sait pas. On croit qu'on sait que certains enfants ont réellement une vie tellement différente de la notre. Mais on ne sait pas. Il faut le voir pour le comprendre. Cette prise de conscience tardive mais nécessaire me retourne la tête. Prendre conscience de cette misère permet de prendre conscience de sa chance, mais fait aussi émerger un sentiment de culpabilité: coupable d'être nés la bas plutôt qu'ici, d'avoir ce qu'ils n'auront jamais. Avoir. Un mot qui n'a aucun sens ici, ou si peu. Coupable d'être en bonne santé, d'avoir une famille en bonne santé. Coupable de n'être que le spectateur de ce triste mais sublime spectacle, puis coupable de se sentir coupable, coupable de n'être que soi-même et pas quelqu'un en mesure de changer tout ca.

Les hommes que nous voyons ont des regards immenses, pleins de curiosité. Ils sont accroupis sur la bordure des "routes". Cette position parait résumer leur position dans la vie. Ils avancent comme des équilibristes, entre la vie et la mort. Paradoxalement, leur visages sont eclairés d'un sourire éblouissant, bienveillant. Pas un sourire forcé comme on en fait parfois. Juste un sourire sincère, d'une réalité fracassante, affolante. "Quand leur misère fait monter nos larmes, leur sourire nous redonne des armes".

Je n'ai pas pris trop de photos. J'ai parfois l'impression que le fait de prendre trop de photos nous fait passer à côté du moment présent. On ne vit plus pour l'instant présent, mais pour l'hypothétique bonheur futur que nous procurerons les photos. J'ai l'impression de moins profiter des choses. Même si je ne suis pas encore vraiment content d'être là, je suis certain de revenir grandi de ce voyage.

On se lève à 5h demain pour prendre le "train"...

A plus tard.

22 décembre

La journée a commencé tôt. Il faisait encore nuit. Nous sommes arrivés à la gare à l'heure où le train partait, on a donc du courir pour le prendre (le décalage était de 4h30, et non pas 4h...). Après 2h30 de trajet, nous sommes arrivés à Agra, où j'ai pu apercevoir le Taj Mahal. C'est rassurant de voir quelques touristes. Je me sentais minuscule devant l'immensité de ce palais, symbolisant l'amour éternel d'un homme pour une femme qui succomba lors de la naissance de leur 14e enfant. Des singes sont arrivés. Il y en avait des dizaines. Je les ai suivi, avant de les voir disparaître comme par magie, au détour d'un petit chemin, derrière l'une des deux mosquées. 5 mosquées et 3 palais plus tard, on a reprit le train, vers Jaiupr. 5h30 de voyage à 20km/h. Il est tard.

A demain.

24 décembre

Je ne sais pas vraiment où je suis. Sûrement à quelques heures de Jaipur. Je commence à comprendre certaines choses. Je crois avoir enfin trouvé la source de ma peur à l'idée de venir ici, et du malaise que j'avais parfois jusque là. J'avais peur et honte à la fois. Peur d'ouvrir les yeux, de comprendre, de prendre conscience de mon inconscience. Même s'il nous arrive de penser tout savoir, je vois aujourd'hui que la vérité est ailleurs. On en apprend moins dans les livres qu'en 3 jours ici. La vérité n'est pas dans les livres. Elle est sous nos yeux, dans leurs yeux. Leurs yeux qui ont tout vu mais qui ne savent rien, sinon tout ce que j'ignore.

8 janvier

En Inde, on est dimanche. Nous avons visité plus de 15 villes, sommes passé à travers des champs, des déserts, tout change tout le temps. Il est 1h03, et 4h30 de moins en france. Je suis dans l'avion qui me ramène, malgré moi, à Paris. Ce voyage était incroyable. Mes réticences du début se sont évanouies en quelques heures. J'ai vu ce que je n'imaginais pas, ou ce que j'imaginais sans pouvoir me le représenter. Etrangement, j'ai désormais l'impression d'avoir quelque chose à accomplir, d'avoir un rôle. Le peu d'aide que nous avons apporté, dans les écoles, dans quelques villages, me donne l'impression que mon existence n'est pas sans but.

J'ai pris conscience de ma chance et de la superficialité des nos problèmes. Mes problèmes ne sont rien. Les gens que j'ai croisé, parfois, vivent dans un équilibre tangible entre la vie et la mort. L'un semble les aspirer irrémédiablement tandis qu'ils s'accrochent à l'autre. Mais ils gardent dans leur yeux cette joie de vivre, cette gentillesse, cette quiétude, cette bienveillance. Plus que jamais j'ai envie de les aider. Je suis persuadé que je vais revenir, tôt ou tard, avec, je l'espère, un échappatoire à leur proposer.

Je n'y suis jamais retourné. Mon dernier voyage était à Los Angeles. J'ai l'impression d'être rentré dans les rangs, d'avoir plongé dans un système que je rejetais jusque là, avec mes envies de sauver le monde. Mais ca ne durera pas éternellement. Allez là bas si ce n'est pas déjà fait, allez jeter un oeil, vous n'en reviendrez pas. Ce pays m'a changé, j'espère être en mesure de le lui rendre un jour.























Londres


"It was one of those nights, one of those nights when
You feel the world stop turning, you were standing there,
There was music in the air, I should have been away,
but I knew I'd have to say...

Last train to London, just heading out,
Last train to London, just leaving town.
But I really want tonight to last forever,
I really want to be with you.
Let the music play on down the line tonight

It was one of those nights, one of those nights when
You feel the fire is burning, everybody was there,
Everybody to share, it felt so right"