
mercredi 17 juin 2009
Heaven to Hell

mardi 16 juin 2009
File eau zoo fie

lundi 30 mars 2009
"Turkish delight on a moonlight night"

Now it's Istanbul, not Constantinople
Been a long time gone, Constantinople
Now it's Turkish delight on a moonlight night
Every gal in Constantinople
Lives in Istanbul, not Constantinople
So if you've a date in Constantinople
She'll be waiting in Istanbul
Even old New York was once New Amsterdam
Why they changed it I can't say
People just liked it better that way
So take me back to Constantinople
No, you can't go back to Constantinople
Been a long time gone, Constantinople
Why did Constantinople get the works
That's nobody's business but the Turks"








jeudi 26 mars 2009
Une rencontre.

Une rencontre. Une de celles qui vous donne l’impression de pouvoir construire quelque chose. Qui vous donne en tout cas enfin envie d’essayer. Un regard, une allure, un rire, des jambes, qui parviennent à fixer votre regard et qui vous donnent envie de les avoir pour toujours. Une attitude, des mains, des gestes, un esprit, une phrase, qui vous font penser, ne serait-ce qu'un instant, que le coup de foudre existe. Des choses qui vous donnent envie d'autre chose, de sortir des schémas si souvent prônés mais en fait tellement subis des mecs qui passent d’histoires en histoires sans prendre le temps de s’arrêter et qui se demandent si oui ou non, ils auraient du faire un escale à l'histoire d'avant. Je vais pas vous refaire le Grand Corps Malade, perdu dans son voyage en train. Entre Grenoble et Romorantin il a du passer par quelques histoires bizarres.
Vous le connaissez forcément, le mec qui vous dit « non mais tu vois, cette situation c’est complètement délibéré, j’ai pas envie de me poser, je préfère être libre, m’amuser quoi, … ». Mais être libre tout seul, vous devez le savoir, c’est pas très drôle. J’ai eu ma période comme ça, j’étais persuadé de penser que j’étais bien dans cette situation, dans cette liberté excessive, tellement excessive qu’on aimerait parfois y mettre un terme. Quand mes potes me racontent leurs embrouilles avec leur meuf, de temps en temps, je rigole. Ca me touche. Je leur dis que c’est une chance de pouvoir s’embrouiller avec quelqu’un. Ca veut dire qu’ils n’ont pas claqué la porte un certain lendemain matin, en se demandant dans le métro par quelle lettre commençait son prénom. Ca veut dire que les filles avec qui ils s’embrouillent tiennent à eux, et vraisemblablement qu’ils tiennent à elles, sinon ils n'en parleraient pas pendant 2 jours. Ca veut dire qu’à un moment ils ont su se dire, ou pu se dire : « avec celle là il y a quelque chose ». J’ai eu cette impression de temps en temps. Mais ça n’a jamais duré. Les premiers jours sont géniaux, on rigole, on apprend à vivre ensemble, on ne voit que les bons côtés de l’autre souvent nombreux. Et puis les jours passent, on se surprend à bloquer sur des défauts, peu nombreux. Si peu importants comparés au reste. Mais on bloque. Et ils prennent le pas sur tout le reste. On se focalise là dessus et on arrive plus à voir ce qui va, ce qui se passe bien. Elle est jolie mais mâche la bouche ouverte. Elle est intelligente mais têtue, tellement têtue. Elle parle de vos vacances communes en Corse cet été, alors qu'on est en novembre. Elle est belle, mais elle le sait. Elle aime Woody Allen. QUE Woody Allen. Elle « ne prête pas d’importance à ses vêtements » mais exige de vous d’écumer avec elle des boutiques hors de prix à longueur de journée. Elle n’aime pas ceux qui suivent le troupeau, et suit ceux qui suivent le troupeau en le pensant. Elle sait qu’elle est mince mais vous explique toute la journée qu’elle est obèse, et que c’est grave. Elle vous parle de son ex. Vous apprenez que c'est un ancien pote à vous. Elle paraissait tellement simple mais est si compliquée. Et c’est justement ce qu’on aime. 1 heure sur 2.
Le pire dans ces histoires, c’est qu’on sait qu’on y est pas pour rien. On sait qu’on réagit comme des cons. Qu’on en attend trop, qu’on est trop exigeant alors qu’on se permet parfois de ne pas l’être suffisamment avec nous-mêmes. On se bloque sur des trucs qu’elles laissent passer de leur côté. Elles trouvent nos défauts « mignons », on trouve leurs défauts «insupportables». Alors on se dit qu’on s’est planté. On se dit que le fait qu’elle préfère Rousseau à Voltaire marque le début d’un relation tumultueuse, qui ne marchera pas. Et, comme si on cherchait la femme de notre vie à 18, 19, ou 20 ans, on laisse tomber, sans essayer de faire au moins durer cette relation un maximum. On y met un terme de la manière la plus simple (pour nous) possible. On fait tout pour se faire détester, attendant le fameux mail d’insules (ou café, pour les plus téméraires), à base de « je ne te comprends plus » ou de « connard ». Parfois les deux. On évite le texto de pseudo rupture, ou le mail, parce que le pire, c’est qu’on est souvent attachés à la fille en question. On veut à tout prix ne pas lui faire de peine, mais l’on n’ose pas s’imaginer, s’inclure dans son bonheur. On l’aime, sans oser partager quoi que ce soit avec elle. Mais pourquoi ? Est-ce qu’on a peur de s’attacher, de comprendre enfin que 1000 fois on est peut-être passé à côté de quelque chose ? Est-ce qu’on a peut de devenir vulnérable, de pouvoir enfin être en position de faiblesse vis-à-vis d’une….fille ? (whaou, notre ego en prendrait un coup). Est ce qu’on a peur de pas être à la hauteur, ou de rater une autre histoire en s’ « enfermant » dans celle là (si déjà on croit s’enfermer, c’est qu’il y a un problème de fond) ? Dans tous les cas, on a peur semble-t-il. On est pas tellement lâches vis-à-vis d’elles, mais plus vis-à-vis de nous. On s’évite de flancher pour pouvoir se dire qu’on est restés solides.
Et puis parfois on se surprend à rêver. A vouloir enfin s’accrocher, tenter quelque chose, se laisser couler dans quelque chose qu’on ne maîtrise pas. Souvent à 4h du mat, quand vos potes rentrent parce que leur meuf est fatigué, et que vous rentrez, parce que leur meufs sont fatiguées. D’un côte vous pensez « c’est chiant une meuf, parfois c’est fatigué », de l’autre vous vous dites que vous l’êtes aussi, et qu’être fatigués à deux c’est quand même beaucoup plus drôle.
Alors les mecs qui se croyaient invincibles cherchent à trouver quelqu’un qui acceptera leurs erreurs. Ils attendent, avant de replonger dans le même schéma qu’avant, puis cette envie revient, repart.
Et parfois, ils n’ont l’ impression d’aller nulle part alors qu’ils rêvent d’aller partout, de parvenir à se fixer, enfin. L’impression d’aller dans le mur alors qu’ils rêvent de l’éviter. La volonté, pour une fois, de tomber amoureux parce qu’ils rêvent de léviter.
jeudi 12 mars 2009
mardi 10 février 2009
The Dreamer (past)
Ces photos datent un peu, mais les souvenirs qu'elles me laissent restent aussi actuels qu'avant. Le plus simple pour vous raconter ce voyage est, il me semble, de vous montrer quelques morceaux de mon petit carnet, qui me suivait partout. N'étant pas destiné à être lu par tous, il n'a pas la vocation de plaire à qui que ce soit, et présente donc de manière intime mais au moins honnête ce que j'ai ressenti au cours de ce voyage. J'avais envie de changer le monde, l'impression que tout était possible. L'envie reste toujours la même, mais chaque jour j'ai un peu plus l'impression que faire bouger les choses est impossible.
21 décembre
Un ciel voilé, une température inhabituelle, des couleurs propices à la photo. Le paysage qui s'étend sous nos yeux est à la fois étonnant et apeurant. Des voiles de poussière, l'impression d'un monde à l'arrêt. La pauvreté est omniprésente, mais n'enlève rien à la beauté des visages, des regards, que nous croisons, parfois malgré nous. J'ai d'abord hésité à prendre des photos les premières heures, comme si le fait de capturer ces moments consistait à immortaliser la situation. C'est con, je sais, mais bon. Je ne voulais pas immortaliser cette pauvreté, j'aurais souhaité qu'elle ne soit que passagère. Le fait de ne pas prendre de photo me permettait aussi de ne voir que ce que je voulais voir. De ne pas trop regarder autour, de peur de prendre conscience de manière définitive et irrévocable de tout ça. On croit qu'on sait, mais on ne sait pas. On croit qu'on sait que le monde est parfois dur. Mais on ne sait pas. On croit qu'on sait que certains enfants ont réellement une vie tellement différente de la notre. Mais on ne sait pas. Il faut le voir pour le comprendre. Cette prise de conscience tardive mais nécessaire me retourne la tête. Prendre conscience de cette misère permet de prendre conscience de sa chance, mais fait aussi émerger un sentiment de culpabilité: coupable d'être nés la bas plutôt qu'ici, d'avoir ce qu'ils n'auront jamais. Avoir. Un mot qui n'a aucun sens ici, ou si peu. Coupable d'être en bonne santé, d'avoir une famille en bonne santé. Coupable de n'être que le spectateur de ce triste mais sublime spectacle, puis coupable de se sentir coupable, coupable de n'être que soi-même et pas quelqu'un en mesure de changer tout ca.
Les hommes que nous voyons ont des regards immenses, pleins de curiosité. Ils sont accroupis sur la bordure des "routes". Cette position parait résumer leur position dans la vie. Ils avancent comme des équilibristes, entre la vie et la mort. Paradoxalement, leur visages sont eclairés d'un sourire éblouissant, bienveillant. Pas un sourire forcé comme on en fait parfois. Juste un sourire sincère, d'une réalité fracassante, affolante. "Quand leur misère fait monter nos larmes, leur sourire nous redonne des armes".
Je n'ai pas pris trop de photos. J'ai parfois l'impression que le fait de prendre trop de photos nous fait passer à côté du moment présent. On ne vit plus pour l'instant présent, mais pour l'hypothétique bonheur futur que nous procurerons les photos. J'ai l'impression de moins profiter des choses. Même si je ne suis pas encore vraiment content d'être là, je suis certain de revenir grandi de ce voyage.
On se lève à 5h demain pour prendre le "train"...
A plus tard.
22 décembre
La journée a commencé tôt. Il faisait encore nuit. Nous sommes arrivés à la gare à l'heure où le train partait, on a donc du courir pour le prendre (le décalage était de 4h30, et non pas 4h...). Après 2h30 de trajet, nous sommes arrivés à Agra, où j'ai pu apercevoir le Taj Mahal. C'est rassurant de voir quelques touristes. Je me sentais minuscule devant l'immensité de ce palais, symbolisant l'amour éternel d'un homme pour une femme qui succomba lors de la naissance de leur 14e enfant. Des singes sont arrivés. Il y en avait des dizaines. Je les ai suivi, avant de les voir disparaître comme par magie, au détour d'un petit chemin, derrière l'une des deux mosquées. 5 mosquées et 3 palais plus tard, on a reprit le train, vers Jaiupr. 5h30 de voyage à 20km/h. Il est tard.
A demain.
24 décembre
Je ne sais pas vraiment où je suis. Sûrement à quelques heures de Jaipur. Je commence à comprendre certaines choses. Je crois avoir enfin trouvé la source de ma peur à l'idée de venir ici, et du malaise que j'avais parfois jusque là. J'avais peur et honte à la fois. Peur d'ouvrir les yeux, de comprendre, de prendre conscience de mon inconscience. Même s'il nous arrive de penser tout savoir, je vois aujourd'hui que la vérité est ailleurs. On en apprend moins dans les livres qu'en 3 jours ici. La vérité n'est pas dans les livres. Elle est sous nos yeux, dans leurs yeux. Leurs yeux qui ont tout vu mais qui ne savent rien, sinon tout ce que j'ignore.
8 janvier
En Inde, on est dimanche. Nous avons visité plus de 15 villes, sommes passé à travers des champs, des déserts, tout change tout le temps. Il est 1h03, et 4h30 de moins en france. Je suis dans l'avion qui me ramène, malgré moi, à Paris. Ce voyage était incroyable. Mes réticences du début se sont évanouies en quelques heures. J'ai vu ce que je n'imaginais pas, ou ce que j'imaginais sans pouvoir me le représenter. Etrangement, j'ai désormais l'impression d'avoir quelque chose à accomplir, d'avoir un rôle. Le peu d'aide que nous avons apporté, dans les écoles, dans quelques villages, me donne l'impression que mon existence n'est pas sans but.
J'ai pris conscience de ma chance et de la superficialité des nos problèmes. Mes problèmes ne sont rien. Les gens que j'ai croisé, parfois, vivent dans un équilibre tangible entre la vie et la mort. L'un semble les aspirer irrémédiablement tandis qu'ils s'accrochent à l'autre. Mais ils gardent dans leur yeux cette joie de vivre, cette gentillesse, cette quiétude, cette bienveillance. Plus que jamais j'ai envie de les aider. Je suis persuadé que je vais revenir, tôt ou tard, avec, je l'espère, un échappatoire à leur proposer.
Je n'y suis jamais retourné. Mon dernier voyage était à Los Angeles. J'ai l'impression d'être rentré dans les rangs, d'avoir plongé dans un système que je rejetais jusque là, avec mes envies de sauver le monde. Mais ca ne durera pas éternellement. Allez là bas si ce n'est pas déjà fait, allez jeter un oeil, vous n'en reviendrez pas. Ce pays m'a changé, j'espère être en mesure de le lui rendre un jour.
Londres



































